Le blog de la quarantaine qui approche

Un jour chassant l'autre pour croiser mes vagabondages en tout genre. Tranches de vie acérée, banal à tout va.

29 novembre 2005

Légèreté

chance

 

J'écoute encore le scintillement des feuillages dans une après-midi magique qui va maintenant exister toujours au devant de moi.
Chance ou talent ?
Qui provoque l'autre ?
Sont-ils innés tous deux ?
Ou finement ciselés à la volonté de chacun.
Je commence à discerner ma réponse.
Et je souris tout au fond de moi.
C'est un gouffre de lumière. Je m'y plonge sans hésitation.
Je cueille dans mes terreurs profondes la source de mon rebond.
Si j'accepte de découvrir ces peurs, de vivre avec, de les apprivoiser, je ne suis plus seule...

Je crois que je grandis. Et d'un vertige assourdissant, je me grise de mon envol.

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28 novembre 2005

Profondeur...

profondeur

 

Nuit sans fond. Une de plus. Elles se rajoutent et me font encore plus exister.
Mais qu'il est difficile de se retrouver face à soi-même. Il est là, le combat de Titan. Soi contre soi.
Pas de miroir magique pour répéter ce que l'on voudrait envers et contre tous.
On est simple et mortel. On a peur et on déboule si facilement dans ces ombres sans fin.
Alors c'est magique de voler à l'automne glacial quelques gouttes d'élixir posées là sur des tiges encore vigoureuses.
Et on peut se dire, je n'aurais jamais dû... Pourtant, je fais tellement plus que survivre, je vis, pleinement, dans toutes mes joies, tous mes désespoirs, toutes mes espérances.
Tu me dis que je ne suis plus inaccessible ? Alors je te croie, parce que je me prends au jeu d'être dans les bras de la vie que j'ai choisie. Sans regret, sans remord, avec l'affront d'avancer, avec toute la force que je découvre.
Donner tout, c'est ma facilité. Que l'on me prenne enfin, c'est ma chance.
Aucun talent, en fait. Ou le talent de la chance forcenée.
C'est bien, cela. Déguster ces quelques heures de merveilleux d'exister tout à fait. Ce n'est pas donné à tout le monde.
Connaitre jusqu'au bout des doigts que l'on peut retentir à chaque instant.
Je vais pousser ce temps si lent en ce moment.
Et je vais y arriver.
Je ne doute pas de cela...

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27 novembre 2005

Eau profonde

eau

Evasion imparfaite dans ce gouffre si sombre de la connaissance de moi-même.
Je regarde étrangère la dentelle rouge sombre qui ourle le bord de mon sein.
Minuscule emprunte de la vérité mordante, pourtant en suspend encore sur des jours qui se freinent et ne m'autorisent rien d'autre que d'avancer la tête haute.
Je m'étonne de ce courage presque insouciant. Je ne sais pas où j'ai appris à lutter, pourtant telle une automate bien humaine, je me bats. Eperdument. Sans rien perdre de ma lumière renaissante.
Entre flocons de neige et larmes abondantes, je prends l'hiver comme un moment supplémentaire de transition bien faisante.
Je construits une nouvelle fenêtre.
Et quand je vais l'ouvrir, elle m'offrira toutes les permissions.
Parce qu'il y a plein de lumière qui se précipite derrière et j'ai confiance.

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23 novembre 2005

Tout au fond de moi

intimit_

Infime partie de féminité, envolée ou volée dans cette lumière sable, qui répand pourtant dans son sillon une terreur prenante.
Brouiller les pistes sans entendre les mots pour ne pas imaginer les maux.
Qu'est-ce qui fait le plus de mal ? L'idée de la douleur, l'image qu'elle laisse sur le visage ou tout au fond des yeux ? Ou la marque qu'elle va diffuser sur de longues minutes interminables.
Je m'accroche à l'épicentre de cette lumière pour ne pas basculer trop facilement dans l'affolement incontrôlé du noir.
Je ne l'avais pas vu cet escalier de marbre qui se dresse devant moi.
Je découvre ses marches.
Je trouve la force de les dépasser.

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22 novembre 2005

A la dérobade...

autre_cote

Ce que l'on voit au travers des feuillages ressemble parfois à un subtil inversement. Tout devient difficile si l'on cherche la direction des questions. On s'y pose, on s'y accroche et on creuse un fossé presque infranchissable.
Pourtant sur la berge opposée, il suffit de tendre le doigt. Garder à l'esprit, doucement glissé contre son âme, qu'on a le pouvoir d'être soi.
Un jeu de miroir intérieur, sans fin, dans un infini multiplié.

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En lisière de mon rêve...

reflet3

Venir comme ça, souvent, en début d'après-midi, parce qu'on a le temps de se laisser aller dans la ronde des saisons.
Deviner aussi l'affrontement des deux mondes, l'aquatique placide qui recueille, quoi qu'il arrive, l'image de l'autre, le terrestre, talentueux comme un lion audacieux.
Il est précieux de se promener dans l'air frais quand le soleil ne laisse aucune ombre.

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19 novembre 2005

Un grain de poussière

pict0016

Perdue comme une enfant, dans l'oeil du firmament, prisonnière d'un courant d'air...
Je ne suis qu'un grain de poussière...
C'est peut-être comme ça, en tout cas, ça en a tout l'air.
C'est étrange comme parfois les souvenirs nous ramènent tellement loin en arrière.
Un jour de départ, une fin de mois de vacances passé avec des "frappas-dingues" de musique. On avait parcouru les rues de la ville avec nos instruments, joué comme des dératés pour le plaisir de nous épater mais aussi dans un partage simple de gamins qui prennent possession du monde.
Je n'avais pas fait le chemin du retour avec le groupe ; je devais attendre une amie de mes parents pour partir quelques jours en Suisse, en attendant de rejoindre Annecy.
Je me souviens de la couleur de la terre dans ces instants de vide après le départ du bus. Je m'étais assise sur le rebord de la route. Un walkman sur les oreilles à me repasser en boucle la chanson d'Higelin.
J'étais si petite et je me sentais pourtant si grande.
Un peu comme dans ces jours que j'égraine de façon étrange. Je me sens moi, sans l'être, je me regarde réagir et j'agis au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer.
Ce qui est difficile, ce sont les moments où je suis seule. Et cela me prend comme ça, sourdement. Mon coeur implose lentement au milieu de mes poumons brûlants, et je m'accroche à un fil de raison : il ne sera pas encore coupé, j'en suis certaine.
J'ai toute la vie devant moi, comme dans cette journée de fin d'été, même si mes larmes se sont perdues ce jour-là sur des chemins oubliés.

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13 novembre 2005

Difficile

Il n’y a pas de photographie dans mon appareil. Je n’ai pas réussi à en capturer. Sans doute parce qu’au fond de moi, la radiographie est trop intense, source de vérité que je veux pouvoir changer, pour l’affronter et à nouveau me sentir légère.

Je suis sur une savonnette. Je file à toute allure.
Je ne veux rien de ce compte à rebours qui me transporte sur une autre planète, ou serai-ce une autre galaxie ?

Mais je veux bien l’avouer : j’ai peur, terriblement. Je suis terrorisée.

Je me répète sans arrêt que je ne dois pas m’inquiéter.

Ne t’inquiète pas. Ne t’inquiète pas. Ne t’inquiète pas. C’est important même vital de pouvoir entendre ces mots.

Ils sont aussi comme ce rayon de soleil qui m’accompagne et me fait être à tout instant plus forte, plus grande.

Ils me modèlent dans cette tempête effroyable, et me protègent. Sous les cris du vent, les lames de la pluie, alors que mon corps devrait se dilapider, je peux alors m’assoupir, devenir douce et vulnérable, attendre dans la quiétude.

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09 novembre 2005

Si seulement il ne s'agissait pas de moi...

lumi_re

La vie tourbillonne, en forme de feuille ou sur une lumière irréelle.
J'ai envie de parler de ces visages que je croise le soir en sortant du travail.
Souvent, les larmes ont sillonné les regards, les yeux sont sans éclats, résignés dans des douleurs imposées. Je frôle ces corps en sentant tellement la révolte qui les étreint. Ils sont famille proche ou ami rappelé, ils sont père ou enfants trop tôt arrachés à leurs illusions.
Ou simplement l'acteur principal en désarroi à sa peur panique de ne pouvoir lutter contre une facette de la réalité que l'on n'envisage jamais.
Lui, on ne le voit pas si souvent, car il peut être n'importe qui, même soi-même.
Il ressemble à s'y méprendre à une soirée douce d'automne tonitruant. Il a fait le ménage pour que tout continue autrement, pour que la vie s'empare enfin de lui.
Puis dans un détour imperceptible, il serre la main au métal froid. La sensation est infime comme un sourire qui n'aboutit pas. Puis les secondes retombent. Le tableau n'est plus flou. Le concret s'installe. L'âme se détache du corps pour mieux voir les atomes responsables de cette anarchie.
Mais de quel côté penchera la balance ?
Vers le bien, sans aucun doute.
Pourtant... encore un peu plus tard dans la nuit, quand tout le monde dort, la lutte s'acharne avec le silence de ne pouvoir se blottir ailleurs qu'en soi même. Les épaules sont écartelées pour oublier que les tripes se dévident...

Je perds pieds, je voltige dans un vide inconnu, je fonce au-dedans de moi.

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02 novembre 2005

Il y a un an...

fontaine1

Déjà tout ce temps.
Et tout là bas, en arrière, comme j'étais frileuse de n'être pas tout à fait moi même.
Je comprends dans ces instants difficiles qu'il était bien plus simple de rester dans l'ombre, d'accepter les illusions, de faire semblant d'être une autre. Car, dans ces secondes qui m'égrainent doucement, même si je ne veux pas revenir en arrière, j'ai le coeur en mille morceaux de devoir entreprendre ce voyage qui me ramenera à moi.
Mais j'ai le vent en poupe de savoir qu'il sera souvent devant moi des fontaines limpides, des multitudes de puits inconnus ou prévus, surprenants ou attendus.
Je déteste par dessous tout la lâcheté.
Tant pis si je mets la barre très haut.
Je ne veux garder que le souvenir de ces âmes claires, dont l'amour propre est serein, dans la générosité du partage.

Posté par bergag à 00:50 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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