29 janvier 2006
Confiture de neige
Ma liberté retrouvée, c'est la profondeur de mon être.
Alors je dévisage tranquillement ces boutons audacieux qui se dressent
fièrement sous la neige de la nuit. Ils ne grelottent pas, ils se parent de
leurs futures couleurs acidulées. Ils sont une évidence aux saisons qui
reviennent ; ils se jouent de leur mortalité puisqu'à se ressusciter chaque
année.
Mon regard sur tout cela, c’est mon trésor protégé, que personne ne peut piller
et qui s’amplifie tant que je vis.
26 janvier 2006
C'est ainsi
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Derrière les nuages, il y a du soleil...
Aujourd'hui, je me répète cela sans arrêt. Parce que c'est la vérité et que je
me retiens à elle.
Je suis lasse comme je ne l'ai jamais été... Pourtant depuis quatre mois, j'ai
traversé des routes tellement difficiles où à tout moment, je manquais de
perdre la raison, ou mon énergie vitale.
D'abord en octobre, face à l'évidence de ma décision, le réactionnel mutique...
Sidérée une fois encore de découvrir l'autre dans un fonctionnement chaotique
et immature.
Novembre ensuite avec ses jours de plongée en moi-même pour regarder à la loupe
des cellules inquiétantes, organisées triangulairement, avec des reflets
pouvant évoquer le malin... Soulagement alors de vérifier qu'il n'en est rien.
Décembre après, dans les fêtes de fin d'année qui se sont vite transformées en
enfer.
Enfin janvier du renouveau. Très sale, extrême, balayant tout de son vent
froid, amenant immanquablement à une nouvelle voie.
Alors depuis quelques jours, j'écris, je fais le bilan, je prends des
décisions, je dresse des listes, je compte les colonnes des tableaux. Je n'ai
jamais été aussi active.
Ce n'est pas une trêve, c'est la fin de la guerre. Je fais mes paquets et je me
dirige vers ma nouvelle vie.
Je laisse derrière moi des images.
Une alliance au bout d'une chaîne, traînant depuis des mois sur une table de
nuit, abandonnée parce que ne représentant aucun sens sur le doigt, symbolisant
finalement le néant abouti d'une union consumé.
Un visage sans regard, qui dit des mots mécaniques pour ne faire paraître que
l'enveloppe et surtout pas l'intérieur. Visage qui se tord si on l'approche par
refus de recevoir car il a l'impression qu'à prendre il va devoir rendre et
qu'il a si peu à l'intérieur qu'il pourrait bien être alors endetté voire
redevable…
Un bras qui repousse au lieu de cueillir le corps qu’il a si bien connu.
Un lit inoccupé, déserté, abandonné, repeuplé depuis quelques semaines d’un
unique objet de plaisir.
J’ai l’impression d’être dans une anti-chambre. Une transition, un passage obligatoire. Où tout est neutre ou en suspend. Tout va s’accélérer bientôt dans un élan vital et je retrouverai alors tout le sens de mes actes.
Je suis dans l’œil du cyclone.
25 janvier 2006
Quand l'hiver semble se rendormir...
Tout est permis. Et quelle puissance alors de découvrir que dans son âme et conscience, tout peut arriver. Parce qu'on a toujours tenu la ligne du respect, celle de soi, de ces enfants qui demandent simplement qu'on les accompagne, de ce devenir qui de toute façon arrive, quoi que l'on fasse.
Bien sûr, l'absence est un manque, une disparition, une petite mort discrète. Mais elle contient un retour, toujours.
Et j'aime bien faire la mélodie de ces mots qui s'accordent.
Mon éclair blond reparaitra sans doute dans quelques heures ou dans trois ans.
Ce n'est pas le temps qui importe. Et d'ailleurs, la force de notre amitié s'amuse de n'avoir aucune limite.
Princesse Or des chiens dévorés...
Prends soin de toi, que tu viennes dormir près de moi demain soir ou que tes nuits soient nombreuses si loin.
C'est ainsi et c'est bien.
23 janvier 2006
Dérive
Nuages d'eau.
Demi lune d'une feuille audacieuse qui brave tout de même le soleil lointain.
Bleu poussiéreux et humide.
C'est tellement plus simple de ne pas penser, d'arriver à faire cesser la ronde
infernale des souvenirs passés, mais c'était juste hier.
Et si demain, tout recommençait.
Finalement, je préfère le mot désillusion surtout s'il s'enchaîne à la faute
d'abus.
Le plus difficile était juste d'arrêter de trembler. Tout au fond de moi.
Le plus simple était d'arriver jusque là.
Il n'y aura pas eu de reconnaissance d'amour, dans cette histoire finie.
20 janvier 2006
Ma fleur précieuse est là
Elle
est arrivée tard un soir de cette semaine. Je l'ai attendue sur le quai
de la gare silencieuse. On entendait les trains qui se rangeaient au
loin. Il faisait à peine froid. Je ne l'ai pas vue tout de suite et en
regardant mieux, j'ai aperçu un éclair doré, elle était là, lumineuse.
Un instant après, je la serrai dans mes bras.
Et puis, je l'ai
ramenée à la maison. Elle a tout envahi, laissant les vêtements
déborder des valises, nous couvrant de tous ses cadeaux de soleil.
Le coquillage, il est à Tom. C'est elle qui l'a cueilli au fond de la mer. Les paréos sont pour les filles.
Et puis nous avons parlé, au delà de notre épuisement, pour ne perdre aucune seconde de ce temps si court qui nous est accordé.
Elle
a grandi, ma fragile perle. Son édifice intérieur est resplendissant.
J'ai confiance et tellement moins peur. Je la laisserai repartir, car
sa vie n'est pas ici mais bien là bas.
15 janvier 2006
Autre regard
La matière n'est pas au centre, elle n'est pas l'essentiel.
Le halot de lumière prend toute son importance car il est le plaisir réel de
n'imposer aucune limite.
Se délivrer de son fardeau, c'est commencer un chemin imprévisible.
Route à parcourir comme on découvre une fresque à déchiffrer.
Impossible d'appréhender la globalité en un seul regard.
Mais à tout instant, les détails donnent la forme et le fond.
Alors, on y revient chaque jour qui passe pour s'imprégner du sens profond de tout cela.
14 janvier 2006
Au milieu de ma forêt
Un instant à peine, à bout de souffle, au bout de tout mon être,
enfin sur la fin d’un parcours que je trouve démesuré…
Comme au détour d’un chemin vert qui saisit ma main et me
dit "ça va comme tu l’as toujours rêvé"…
Que l’insouciance est légère lorsqu’elle se couvre d’un
sentiment de libération, mais tout le sens est parcimonieusement imbriqué, me
semble-t-il.
Comme à l’orée du sommeil, lorsqu’il me quitte alors qu’il n’est
resté que si peu de temps sous mes paupières, comme dans ces jours qui se
montrent alors que la nuit garde tout de moi, invariablement depuis de longs
mois. Est-ce cela ?
Le souffle revient, l’air se fait immense, l’espace n’est
plus entrelacé d’ombres tranchantes, toutes les conventions se désagrègent.
Permission de vie…
Demain, je pars au devant de ma petite flamme.
Je vais aimer la retrouver, la regarder, l’écouter, lui
parler.
On sera immortelle et on bravera tous nos démons.
Et on se dévoilera à la pureté de nos sentiments, en toute simplicité.
08 janvier 2006
Presque deux heures...
Je suis comme les enfants : je ne tiens pas mes
promesses d’hier, seulement celles d’aujourd’hui.
Je reviens toujours là où je suis fidèle, car je me sens en
sécurité.
Je ne joue pas dans les apparences, je reste naïve et
crédule, sincère et emportée dans mes élans qui me mènent invariablement vers
ce que je suis entièrement.
Je ne me refuserai jamais le plaisir d’être dévorée des
yeux, sur mes phrases, sur mes courbes. Sur mon quotidien, par delà mon image.
Dans toutes ces ondes imperceptibles, c’est la rencontre qui
prend son pesant d’or.
Et je m’abandonne alors à chacun, sur des lignes étroites ou
infinies, dans des tic-tacs insensés, entrelacés de minutes immenses.
Vite, je change de pièce. Je ferme les yeux ici, je les
rouvre sur mon velours de là-bas. L’air frais entre deux couloirs donne
simplement la direction à suivre… Ce jour là…
07 janvier 2006
Répit ? Halte ? Sauvegarde ?
J'ai envie, quelques temps, de délaisser ma quarantaine qui approche.
Tant de chemins qui s'ouvrent à moi. Je ne sais plus trop où bercer mes pensées.
Dans ce gris d'hiver qui est maintenant bien installé ?
Dans le lointain printemps qui viendra sur moi aussi sûrement que les jours meilleurs ?
Rien
n'est figé. Et puis je dis ça, mais même si j'aménage un autre espace,
même si je déserte pour aller vivre ailleurs, je reviendrai toujours
ici.
Faut-il expliquer plus les mots qui défilent sous mes yeux ? Je
les ressens ainsi. Je les modèle en les écoutant avant même d'en
définir le sens. Ils se jouent souvent de moi d'ailleurs à l'instant où
ils naissent et dans le temps suivant où je les relis. Ainsi, d'un jour
à l'autre, je les redécouvre de la même façon qu'un lecteur aura pu les
recevoir. Je suis souvent amusée alors de l'écho différent voire
inverse que je perçois.
Faut-il se méfier des phrases déguisées qui ramènent sans le savoir vers nos frontières intérieures ?
04 janvier 2006
Mouvements
Tranquillement, dans des cheveux de paille, comme une même couleur de regard, semblable, mais pas encore croisé.
Patience de la seconde effrontée, non comptée.
Demain est à moi, je m'en suis emparée.













